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LA RÉVÉLATION DU SUBLIME



«Peindre la nature est peut-être un défi longtemps contourné, écarté au prétexte qu’elle ne devrait être que décor trop souvent peint. Mais au contraire la nature a toujours été indispensable à la peinture que ce soit des premières traces de ce que l’on nomme art rupestre, en passant par la célèbre controverse entre les peintres de l’Antiquité Panhasius et Zeuxis dans Pline l’Ancien. Les grappes de raisin peintes de Zeuxis trompent les oiseaux qui viennent picorer les fruits mais le voile peint de Panhasius emporte l’épreuve dans son effet trompe l’oeil, l’espace d’un instant il provoque cette vacillation du regard qui brouille la réalité et nous fait jubiler par son effet.
Alors la nature, elle était déjà dans les toiles, les dessins, aquarelles, sculptures, de toujours à mon insu. Il fallait simplement se l’avouer pour lui donner une place. C’est « ma »nature comme on le dit d’un être humain. C’est la façon que j’ai de peindre « ma nature ». L’équivoque sur la nature humaine et la nature nous renvoie à cette indissociable au cœur duquel insiste une séparation. Au fond en peignant la nature, il y a quelque chose de la nature humaine qui se montre dans la toile.
C’est cette inclusion externe (dedans/dehors) qui se trouve aussi bien dans le titre de l’exposition:
« N(a)ture », faisant référence à Jacques Lacan et à son invention de l’objet (a), reste inassimilable de l’opération d’un sujet parlant qui le fait exister en regard de la nature tout en la «polluant» inévitablement de sa présence.»

ENCERRONA
Représentation du mouvement et des émotions…
«Ce qui m’intéresse, c’est de donner une impression de mouvement à quelque chose de figé, explique Stéphane Daure. Cela représente un immense défi. Mon autre objectif est d’afficher également un regard plus profond sur la tauromachie. Ne pas proposer une simple reproduction de ce que l’on peut voir dans l’arène. Je cherche à aller au-delà et à traduire une émotion, un ressenti que l’on ne peut pas toujours voir. Il faut que le spectateur ne reste pas indifférant. C’est pour cette raison qu’il y a un gros travail sur les perspectives, à l’image du jeu sur les dimensions et sur les points de vue.«
Concernant le titre, Encerrona, fait référence au terme taurin qui représente le moment où un torero combat seul face à six taureaux. «Dans mon atelier, je me sentais comme un matador durant une encerrona. J’étais seul face à toutes mes toiles autour de moi.«
Finalement, le sentiment qui ressort de cette exposition est l’excitation. «Je suis très excité à l’idée de me confronter au regard des fans de tauromachie. Il s’agit d’un public très critique. Cette exposition est ainsi adressée aux aficionados, mais aussi à un public extérieur. J’ai cherché à m’élever au-dessus du débat sur la corrida pour me connecter avec eux sur une dimension culturelle et artistique.



AMA-ZONE
INSPIRATIONS INHOTIM




Stéphane Daure
Né en 1967 à Béziers, il rencontre le Brésil à travers les récits familiaux de voyage du début des années 1970.
Autodidacte, et se fiant à son instinct, il apprend des surprises que son activité, immanquablement, lui propose. Le concept pictural n’est pas sa préoccupation principale, il ne serait, à son avis, que justification rationnelle. La chose de peinture se fait à partir d’un point où le corps prend le relai, destituant toute prise sur l’évènement. Essayant de faire sienne la proposition de Picasso : « je ne cherche pas, je trouve. » Son regard sur le Brésil avance dans cet esprit : émotionnel, personnel, intime même. Il montre « son Brésil », conscient qu’il n’en attrape qu’un minuscule bout… mais que ce bout doit vibrer.
En 2017, c’est la rencontre avec l’Institut Inhotim dans l’état du Mina Gerais. Centre d’art contemporain unique au monde, où les oeuvres sont disséminées dans un espace paysagé de 1000 hectares. La nature sert d’écrin aux productions des artistes, à moins que ce ne soit l’inverse. Le dialogue s’installe, produisant ses effets sur le visiteur, explorateur des créations humaines, faisant affleurer un sentiment d’étrange beauté.
Inhotim mi nature, mi humain, mais totalement unique.
Stéphane Daure
Nascido em 1967 em Béziers-França, ele conhece o Brasil através das histórias de viagens da família do início dos anos 70.
Autodidata, e confiando em seu instinto, ele apreende as surpresas que sua atividade, inevitavelmente, o oferece. O conceito pictórico não é sua principal preocupação, ele seria, em sua opinião, apenas uma justificativa racional. A coisa da pintura é feita a partir de um ponto em que o corpo assume, dispensando qual quer influência no evento. Tentando fazer sua a proposta de Picasso: «Eu não procuro, eu acho. » Sua visão do Brasil avança neste espírito: emocional, pessoal, íntimo. Stéphane mostra «seu Brasil», consciente de que ele capta apenas uma pequena parte … mas que esse parte deve vibrar.
Em 2017, é o encontro com o Instituto Inhotim, no estado do Minas Gerais. Centro de Arte Contemporânea, único no mundo, onde as obras estão espalhadas em uma área ajardi nada de 1000 hectares. A natureza serve como uma vitrine para produções de artistas, ou vice-versa. O diálogo se instala, produzindo seus efeitos sobre o visitante, um explorador
de criações humanas, fazendo brotar um sentimento de estranha beleza.
Inhotim metade natureza, metade humana, totalmente única






PARIS – BRIVE 2017




Bon Baisé(r) de New York
































